Santé & soins7 septembre 20266 minpar Josephine
Les vaccins de bébé : le calendrier et à quoi ils servent

Sommaire
Mis à jour le 7 septembre 2026
Vacciner un nourrisson, c’est déclencher chez lui une fabrication d’anticorps avant même qu’il ne rencontre le microbe. En France, treize vaccins sont obligatoires pour les bébés nés depuis le 1er janvier 2018, et le calendrier s’est encore étoffé début 2025 avec l’arrivée de deux nouvelles injections contre les méningocoques. De quoi s’y perdre un peu, entre les âges précis, les rappels et les doses de rattrapage.
En bref : depuis janvier 2025, treize vaccins sont obligatoires chez le nourrisson en France, contre onze auparavant. Les injections démarrent à deux mois et s’étalent jusqu’à 18 mois, avec des rappels prévus à 6 ans puis à l’adolescence. Les deux nouveautés concernent les méningocoques ACWY et B, ajoutés au programme pour mieux protéger les tout-petits contre les méningites.
Quels sont les treize vaccins obligatoires du nourrisson ?
Le socle obligatoire couvre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B, le pneumocoque, la rougeole, les oreillons, la rubéole, ainsi que les méningocoques ACWY et B. Cela fait bien treize maladies ciblées, même si plusieurs vaccins sont combinés dans une seule seringue pour limiter le nombre de piqûres.
La combinaison la plus connue regroupe diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, haemophilus influenzae b et hépatite B en une seule injection hexavalente. Le pneumocoque, le ROR (rougeole-oreillons-rubéole) et les méningocoques suivent des calendriers à part, avec leurs propres âges d’injection. Cette obligation ne concerne, au sens strict de la loi, que les enfants nés à partir de 2018; elle conditionne aussi l’entrée en crèche et en collectivité.
À quel âge faut-il vacciner bébé ?
Le rythme suit trois grands rendez-vous : deux mois, quatre mois et onze mois pour la majorité des vaccins du socle. C’est à deux mois que débute la primo-vaccination contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’haemophilus influenzae b, l’hépatite B et le pneumocoque, avec une deuxième dose à quatre mois puis un rappel à onze mois.
Le calendrier se complexifie un peu pour les méningocoques et le ROR. La vaccination contre le méningocoque B démarre plus tôt, avec une première dose à trois mois, une seconde à cinq mois et un rappel à douze mois. Celle contre les méningocoques ACWY suit un schéma en deux injections, à six mois puis à douze mois, cette dernière dose pouvant être faite en même temps que le ROR. Le vaccin ROR, lui, s’administre en deux temps : une première dose à douze mois, une seconde entre 16 et 18 mois. Passé cette première année et demie, l’enfant a donc reçu l’essentiel des injections qui le protègent contre les maladies les plus graves de la petite enfance.
| Âge | Vaccins concernés |
|---|---|
| 2 mois | Diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, haemophilus influenzae b, hépatite B, pneumocoque (1ère dose) |
| 3 mois | Méningocoque B (1ère dose) |
| 4 mois | Diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, haemophilus influenzae b, hépatite B, pneumocoque (2e dose) |
| 5 mois | Méningocoque B (2e dose) |
| 6 mois | Méningocoques ACWY (1ère dose) |
| 11 mois | Diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, haemophilus influenzae b, hépatite B, pneumocoque (rappel) |
| 12 mois | ROR (1ère dose), méningocoque B (rappel), méningocoques ACWY (2e dose) |
| 16-18 mois | ROR (2e dose) |
Pourquoi les méningocoques B et ACWY sont-ils devenus obligatoires ?
Depuis le 1er janvier 2025, la vaccination contre les méningocoques ACWY remplace celle qui ne visait que le méningocoque C, et la vaccination contre le méningocoque B, jusque-là simplement recommandée, est devenue obligatoire à son tour. L’objectif affiché est de mieux protéger les nourrissons contre les méningites, des infections qui évoluent parfois très vite et peuvent laisser de lourdes séquelles chez un tout-petit.
Pour les enfants nés avant cette date et non vaccinés à temps, un rattrapage a été organisé jusqu’à l’âge de 5 ans révolus. Ce rattrapage n’est obligatoire, au sens légal, que pour les enfants nés à compter du 1er janvier 2023 qui n’auraient pas été vaccinés conformément au calendrier avant leurs 2 ans. Un enfant déjà vacciné contre le méningocoque C avant la réforme doit tout de même recevoir une dose du nouveau vaccin ACWY pour être à jour.
Que se passe-t-il si le calendrier vaccinal prend du retard ?
Un retard ne veut pas dire qu’il faut reprendre tout le programme depuis le début. Les rattrapages sont prévus dans le calendrier officiel, avec des règles propres à chaque vaccin : une dose unique jusqu’à 5 ans pour l’haemophilus influenzae b si l’enfant n’a pas été vacciné avant un an, un rattrapage possible jusqu’à 16 ans pour l’hépatite B, ou encore deux doses à un mois d’intervalle pour le ROR chez une personne née après 1980 qui n’aurait reçu aucune injection.
Le mieux reste de consulter le médecin traitant ou le pédiatre dès qu’un décalage est identifié, carnet de santé en main. Il est aussi possible de reporter les vaccins reçus sur Mon espace santé, le carnet de santé numérique, ce qui facilite le suivi si l’enfant change de médecin ou de région en cours de route.
Le vaccin contre la coqueluche protège-t-il aussi le nouveau-né avant ses injections ?
Oui, indirectement, et c’est même devenu un axe fort de la stratégie de protection des tout-petits. La coqueluche touche en particulier les nourrissons de moins de six mois qui n’ont pas encore reçu leurs propres doses, période durant laquelle la maladie peut être sévère.
La Haute Autorité de santé recommande donc que la femme enceinte se fasse vacciner contre la coqueluche à partir du deuxième trimestre de grossesse, idéalement entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée, afin que les anticorps traversent le placenta et protègent le bébé dès la naissance. Cette vaccination est à refaire à chaque grossesse, même chez une femme vaccinée peu de temps auparavant. Si elle n’a pas eu lieu pendant la grossesse, elle est proposée à la mère juste après l’accouchement, avant la sortie de la maternité, y compris en cas d’allaitement. L’entourage proche du nourrisson (frères et sœurs plus âgés, grands-parents, baby-sitters) peut aussi recevoir un rappel s’il n’a pas été vacciné depuis plus de cinq ans.
Faut-il d’autres vaccins selon la situation de l’enfant ?
Au-delà du socle obligatoire, certaines situations particulières justifient des vaccins supplémentaires. Un nouveau-né dont la mère est porteuse de l’antigène HBs contre l’hépatite B doit impérativement recevoir sa première dose à la naissance, associée à des immunoglobulines, puis deux autres injections à un et six mois.
Un séjour prévu dans un pays où le virus de l’hépatite B circule beaucoup peut aussi justifier de démarrer la vaccination dès la naissance. Pour les enfants résidant en Guyane française, la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire, avec un rappel parfois nécessaire si la première dose a été faite entre 9 et 24 mois. Chez les enfants présentant une immunodépression ou une maladie chronique (diabète, maladie cardiaque, insuffisance rénale notamment), la vaccination contre le pneumocoque peut aussi être recommandée au-delà de l’âge de deux ans, selon un schéma adapté à leur situation.
Questions fréquentes
Peut-on refuser de vacciner son enfant en France ?
Les treize vaccins font partie d’une obligation légale pour les enfants nés depuis 2018, et leur mise à jour conditionne notamment l’admission en crèche ou en collectivité; seules des contre-indications médicales précises peuvent justifier une dispense, à évaluer avec le médecin traitant.
Les vaccins combinés font-ils moins d’injections que les vaccins séparés ?
Oui, c’est justement leur intérêt : le vaccin hexavalent regroupe six protections en une seule piqûre à deux mois, quatre mois et onze mois, au lieu de multiplier les injections séparées pour chaque maladie.
Que faire si on ne retrouve plus le carnet de vaccination de bébé ?
Le médecin traitant ou le pédiatre peut reconstituer l’historique vaccinal à partir du dossier médical, et l’inscription des vaccins sur Mon espace santé permet justement d’éviter ce genre de perte pour l’avenir.
Le vaccin ROR peut-il être fait plus tôt en cas d’épidémie de rougeole ?
Oui, en cas de contact avec une personne malade, une dose peut être administrée dans les 72 heures suivant ce contact, y compris chez des nourrissons entre 6 et 11 mois qui n’ont pas encore atteint l’âge de la première dose classique.
Sources
Sources consultées le 7 septembre 2026.
- www.ameli.fr/assure/sante/themes/vaccination/vaccins-obligatoires
- www.santepubliquefrance.fr/vaccination/carte-postale/calendrier-simplifie-des-vaccinations-2026-carte-postale
- www.mpedia.fr/art-nouveau-calendrier-vaccinal/
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