Santé & soins28 août 20267 minpar Josephine
Les coliques du nourrisson : comment les soulager

Sommaire
Mis à jour le 28 août 2026
Un bébé qui pleure sans raison apparente en fin de journée, le visage rouge et les poings serrés, c’est l’une des scènes les plus fréquentes des premières semaines de vie. Les coliques du nourrisson sont des épisodes de pleurs intenses liés à des spasmes de l’intestin, qui surviennent chez de nombreux bébés en bonne santé sans qu’aucune maladie ne soit en cause. Elles inquiètent presque tous les jeunes parents, souvent bien plus qu’elles ne mettent réellement l’enfant en danger.
En bref : les coliques apparaissent quelques semaines après la naissance, atteignent leur intensité maximale vers l’âge de six semaines, puis s’atténuent progressivement pour disparaître le plus souvent entre trois et quatre mois. Aucun médicament n’a démontré une efficacité constante pour les faire cesser : le soulagement passe avant tout par des gestes simples autour du repas, du portage et de l’apaisement, et par une surveillance médicale qui permet d’écarter une autre cause de pleurs.
Que se passe-t-il vraiment dans le ventre de bébé ?
Les coliques correspondent à des contractions douloureuses de l’intestin, probablement liées à l’immaturité conjointe du système digestif et du système nerveux du tout petit. Ce mécanisme reste en partie hypothétique, mais il s’appuie sur un signe très régulièrement observé : les bébés concernés remontent souvent les jambes sur le ventre pendant la crise et présentent fréquemment des gaz.
La scène type se répète presque à l’identique d’un bébé à l’autre. Après une tétée ou un biberon, l’enfant est calme, détendu, parfois même souriant. Puis, sans avertissement, il se met à pleurer, se tortille, devient rouge et semble souffrir sans qu’aucune cause visible n’explique cette détresse soudaine. Ces épisodes touchent une grande partie des nourrissons dans leurs premiers mois, à des degrés très variables selon les enfants.
Coliques ou pleurs du soir, comment distinguer les deux ?
Toutes les crises de pleurs ne sont pas des coliques au sens strict, et c’est justement là que beaucoup de parents s’y perdent. Les pleurs du soir, très fréquents, surviennent typiquement entre 18h et minuit et durent environ trois heures : ils débutent vers l’âge de trois semaines, culminent vers six semaines, puis diminuent nettement vers trois à quatre mois.
Pendant ces épisodes, le bébé a pourtant mangé, il est propre, on lui fait des câlins, et il pleure quand même. Son visage devient rouge, son front se plisse, ses cuisses se replient sur son ventre souvent ballonné, avec parfois des gaz. Il n’est généralement pas calmé par une nouvelle tétée, mais plutôt par le contact, le bercement ou la succion. Ces pleurs ne semblent pas liés à un trouble digestif précis : ils correspondraient à une période d’activité et d’éveil normale du tout petit, comparable à celle déjà observée avant la naissance à la même heure de la journée. Il vaut mieux distinguer ces pleurs vespéraux, sans cause organique repérable, des pleurs directement rythmés par les repas, qui orientent davantage vers une vraie colique digestive.
Quelles causes se cachent derrière des pleurs rythmés par les repas ?
Quand les pleurs suivent de près l’heure des tétées ou des biberons, plusieurs mécanismes digestifs peuvent être en jeu, et ils ne se soignent pas de la même façon. Le réflexe gastro-colique, normal chez tout le monde, accélère les mouvements de l’intestin après le remplissage de l’estomac; chez certains bébés, surtout ceux qui tètent vite et avalent beaucoup d’air, ce réflexe devient exagéré et douloureux.
Une mauvaise digestion du lactose peut aussi expliquer des pleurs apparaissant 20 à 30 minutes après la tétée, avec ballonnement, gaz et selles liquides et acides pouvant irriter les fesses. Il faut la distinguer de la véritable intolérance au lactose, rare, et de l’allergie aux protéines de lait de vache, qui se manifeste par des signes plus variés et se confirme par un essai de régime spécifique associé à des tests. La constipation, elle, provoque une douleur d’un autre ordre, liée à la stagnation des selles plutôt qu’à leur évacuation trop rapide. Le reflux gastro-œsophagien reste un diagnostic à manier avec prudence : pour qu’il explique de vraies crises de pleurs, il faut une réelle irritation de l’œsophage, associée à des biberons difficiles à terminer et un ralentissement de la prise de poids, pas seulement quelques régurgitations.
| Type de pleurs | Moment habituel | Signes associés | Piste la plus probable |
|---|---|---|---|
| Pleurs du soir | Entre 18h et minuit, environ 3 heures | Visage rouge, poings serrés, cuisses repliées | Période d’activité physiologique, sans lien digestif net |
| Pleurs après le repas | Pendant ou juste après la tétée/le biberon | Ventre ballonné, gaz, difficulté à terminer le repas | Réflexe gastro-colique exagéré, air avalé |
| Pleurs différés | 20 à 30 minutes après le repas | Selles liquides et acides, érythème fessier | Mauvaise digestion du lactose |
| Pleurs à toute heure | Jour et nuit, sans rythme clair | Biberons compliqués, stagnation ou baisse de poids | Reflux gastro-œsophagien ou autre cause à explorer avec un pédiatre |
Comment soulager bébé pendant une crise ?
Le premier levier se joue au moment du repas lui-même. Faire téter ou boire lentement, avec des pauses fréquentes pour les rots, réduit la quantité d’air avalé et limite l’intensité du réflexe gastro-colique. Retirer régulièrement le sein ou la tétine de la bouche pendant la tétée, desserrer les vêtements à la taille, et privilégier un moment calme sans télévision aident aussi, tout comme une attention portée à sa propre détente pendant que bébé mange.
Côté matériel, une tétine ou un biberon adaptés peuvent limiter la déglutition d’air, de même qu’un changement de position pendant le repas. Après la tétée, fléchir doucement les cuisses de bébé sur son ventre et masser l’abdomen dans le sens des aiguilles d’une montre facilite l’évacuation des gaz et des selles. En dehors des repas, le contact reste l’arme la plus fiable : peau à peau, portage en écharpe, bain tiède, musique douce ou promenade en voiture apaisent souvent l’enfant, même quand rien d’autre n’y parvient. Il n’y a aucune honte à poser son bébé quelques minutes dans son lit, en toute sécurité, pour reprendre son calme avant de revenir vers lui.
Faut-il changer de lait, essayer des probiotiques ou des plantes ?
Il n’existe pas de médicament spécifiquement dédié aux pleurs excessifs du nourrisson. Certaines pistes ont montré un effet intéressant chez une partie des enfants, sans que cela constitue une solution garantie pour tous : c’est le cas de certains probiotiques, censés réorienter favorablement la flore intestinale, et de certaines préparations à base de plantes utilisées en phytothérapie.
Multiplier les changements de lait infantile n’est en général pas recommandé sans avis médical, car cela ne règle pas systématiquement le problème et complique le suivi. Si une cause précise est identifiée, mal-digestion du lactose, suspicion d’allergie aux protéines de lait de vache, constipation, le choix d’un lait adapté (moins riche en lactose, à profil protéique différent, ou enrichi en fibres) se fait avec un pédiatre, pas au hasard des rayons de pharmacie. Pour un bébé allaité, il n’y a pas lieu d’interrompre l’allaitement : la tétée reste au contraire un moyen efficace d’apaisement, et il vaut mieux chercher à stimuler la lactation plutôt qu’à la remplacer si l’enfant semble insatisfait en fin de tétée.
Quand consulter un médecin pour ces pleurs ?
Un passage devant le pédiatre ou le médecin traitant s’impose dès que les pleurs s’accompagnent d’un ralentissement de la courbe de poids, de vomissements répétés, de sang dans les selles, de fièvre ou d’un bébé anormalement mou ou difficile à réveiller. Ces signes ne collent pas avec le tableau habituel des coliques et méritent un examen pour écarter une cause infectieuse, neurologique ou métabolique.
En dehors de ces signaux d’alerte, un contrôle du poids et un examen clinique permettent surtout de rassurer : si la croissance suit son cours normalement, les pleurs excessifs, même intenses, restent le plus souvent un trouble fonctionnel sans gravité. Il est tout aussi important de parler sans culpabilité de son propre épuisement : la fatigue et l’impression d’être dépassée sont fréquentes après un accouchement, et un professionnel peut orienter vers un soutien adapté si elles s’installent. Distinguer ces pleurs des réveils nocturnes liés à d’autres causes permet aussi d’éviter de tout mettre sur le compte des coliques alors que le sommeil, lui, évolue selon son propre rythme durant les premiers mois.
Questions fréquentes
Un bébé qui a des coliques pleure-t-il plus qu’un autre bébé du même âge ?
Pas nécessairement de façon spectaculaire : tout nouveau-né pleure ou crie au moins deux heures par jour en périodes cumulées, ce qui est considéré comme normal. Ce qui distingue une vraie colique, c’est surtout le caractère répété et l’intensité difficile à apaiser, pas uniquement la durée totale des pleurs.
Les coliques signifient-elles que le lait ne convient pas à bébé ?
Pas forcément : la plupart des coliques ne sont pas liées à un problème de lait précis, et changer de produit à répétition ne résout généralement rien. Un changement de lait ne se justifie que si une cause digestive précise a été identifiée avec un professionnel de santé.
Faut-il s’inquiéter si les coliques durent encore à quatre mois ?
Les coliques du nourrisson s’atténuent en général nettement entre trois et quatre mois, mais des pleurs persistants au-delà méritent un nouvel avis médical pour vérifier qu’aucune autre cause ne s’est ajoutée entre-temps.
Peut-on utiliser une tétine pour calmer bébé pendant les crises ?
Oui, la succion apaise souvent efficacement les pleurs pendant cette période, à condition de reconsidérer cette habitude une fois les crises résolues, généralement autour de trois mois.
Sources
Sources consultées le 28 août 2026.
- Coliques du nourrisson et pleurs de bébé le soir – mpedia.fr, www.mpedia.fr/art-decoder-les-pleurs-et-coliques/
- www.sante.fr/colique-du-nourrisson
- www.sante.fr/coliques-et-pleurs-du-nourrisson-comment-les-decoder
- solidarites-sante.gouv.fr/coliques-nourrisson
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