Alimentation31 août 20266 minpar Josephine
Alimentation pendant l’allaitement : ce qu’on peut manger et boire

Sommaire
Mis à jour le 1 septembre 2026
Allaiter ne veut pas dire manger sous cloche. Beaucoup de mères s’imposent des privations inutiles par peur de « gâter » leur lait, alors que l’essentiel se joue ailleurs : manger suffisamment, varier ses apports, et n’écarter que quelques produits vraiment problématiques.
En bref : pendant l’allaitement, il n’existe pas de régime alimentaire spécifique à suivre : une alimentation variée et suffisante en quantité reste la meilleure option pour reconstituer ses réserves après l’accouchement et éviter l’épuisement. Seuls l’alcool, la réglisse sous toutes ses formes et certains poissons très accumulateurs de polluants (espadon, marlin, requin, poissons d’eau douce en excès) demandent une vraie vigilance; pour le reste, quelques ajustements de bon sens suffisent.
Faut-il vraiment changer son alimentation quand on allaite ?
Non, pas fondamentalement. Une mère qui allaite n’a pas besoin d’une alimentation parfaite ni d’un plan nutritionnel particulier : ce qui compte, c’est de manger à sa faim, des aliments nourrissants, en variant les sources. Le corps a traversé la grossesse et l’accouchement, il a besoin de reconstituer ses réserves plutôt que de se restreindre.
C’est d’ailleurs souvent l’inverse qui se produit chez les jeunes mères : elles mangent moins, par manque de temps ou par crainte de reprendre du poids, alors que leur organisme réclame plus d’énergie qu’en temps normal pour produire du lait. Sauter des repas ou grignoter au hasard finit par jouer sur la fatigue, pas sur la qualité du lait, qui reste globalement stable même quand l’alimentation maternelle n’est pas idéale.
Il n’existe donc pas de liste d’aliments « obligatoires » pour bien allaiter. La priorité va à la diversité des groupes alimentaires (légumes, fruits, féculents, protéines, produits laitiers) et à une hydratation suffisante, sans qu’il soit nécessaire de boire des litres d’eau supplémentaires par idée reçue.
Quels aliments sont vraiment déconseillés en allaitant ?
La liste des interdits est en réalité très courte. L’alcool arrive en tête : il passe dans le lait que boit le bébé et peut aussi réduire la production lactée. Contrairement à une croyance répandue, la bière ne stimule pas la lactation, et aucun type d’alcool (vin, cidre, apéritif, alcool fort) n’est recommandé pendant cette période.
La réglisse, sous toutes ses formes, fait partie des rares aliments à éviter clairement : pastis sans alcool, sirops, confiseries, tisanes ou compléments alimentaires en contenant sont déconseillés, car elle favorise l’hypertension artérielle et des troubles du rythme cardiaque, aussi bien pendant la grossesse que l’allaitement.
Le soja mérite aussi une attention particulière. Il contient des phytoestrogènes, des substances qui imitent l’action des hormones dans l’organisme : par précaution, il est recommandé de limiter les aliments à base de soja et d’éviter les compléments alimentaires en contenant. La sauce soja, elle, peut être consommée occasionnellement, car elle en contient très peu.
Quels poissons privilégier, lesquels limiter ?
Le poisson reste un aliment intéressant pendant l’allaitement, notamment pour ses apports en oméga-3, mais tous ne se valent pas face aux polluants qu’ils peuvent accumuler. Deux substances posent problème : le méthylmercure et les polychlorobiphényles (PCB), qui s’accumulent davantage chez certaines espèces.
Les poissons d’eau douce fortement bio-accumulateurs (anguille, barbeau, brème, carpe, silure) sont à limiter à une fois tous les deux mois pour les femmes allaitantes. Les poissons prédateurs sauvages comme la lotte, le loup, la bonite, le flétan, le brochet, la dorade, la raie ou le thon sont également à consommer avec modération. Quant aux grands prédateurs, espadon, marlin, siki, requin, lamproie, ils sont à éviter purement et simplement pendant l’allaitement.
À l’inverse, rien n’empêche de manger régulièrement du colin, du cabillaud, du saumon (hors saumon fumé), de la sardine, du maquereau, du hareng, de la truite ou des poissons d’élevage. Deux portions de poisson par semaine, dont une de poisson gras riche en oméga-3, restent une bonne référence, à condition de varier les espèces et de bien cuire le poisson pour limiter les risques liés à des parasites comme l’Anisakis, présent chez la quasi-totalité des poissons sauvages non cuits.
Café, thé et boissons excitantes : quelle limite ?
La caféine traverse elle aussi le lait maternel, en quantité toutefois bien plus faible que l’alcool. Une consommation modérée de café ou de thé n’est généralement pas problématique pour la plupart des bébés, mais certains nourrissons, plus sensibles, peuvent devenir agités ou dormir moins bien si leur mère consomme beaucoup de boissons caféinées dans la journée.
La meilleure approche reste l’observation : si un bébé semble particulièrement nerveux ou a du mal à trouver le sommeil, il peut être utile de réduire temporairement le café, le thé, certains sodas ou le chocolat noir, puis d’observer si cela change quelque chose. Il n’y a pas de règle universelle qui s’applique à tous les bébés de la même façon.
Certains aliments donnent-ils vraiment des coliques au bébé ?
C’est une inquiétude fréquente chez les mères qui allaitent : l’idée que manger des choux, des légumineuses ou des plats épicés provoquerait systématiquement des gaz ou des coliques chez le bébé. Dans les faits, aucun aliment n’est universellement responsable de ce type de trouble, et la plupart des bébés ne réagissent à rien de particulier dans l’alimentation maternelle.
Certains nourrissons se montrent malgré tout plus sensibles à certains composés alimentaires transmis par le lait. Dans ce cas, mieux vaut procéder par élimination progressive plutôt que par interdiction préventive : retirer un aliment suspecté pendant quelques jours, observer, puis le réintroduire pour vérifier le lien réel. Se priver par avance de toute une catégorie d’aliments sans preuve d’un effet chez son propre bébé revient souvent à s’appauvrir nutritionnellement pour rien.
Cette tolérance progressive aux saveurs transmises par le lait maternel a même un effet positif souvent méconnu : elle facilite l’acceptation de nouveaux aliments au moment où débute la diversification alimentaire de bébé, le nourrisson ayant déjà été exposé à une diversité de goûts via le lait.
A-t-on besoin de compléments ou de manger plus en allaitant ?
Les besoins énergétiques augmentent pendant l’allaitement, ce qui explique la sensation de faim plus marquée chez de nombreuses mères. Il ne s’agit pas de doubler ses portions, mais d’écouter réellement ses signaux de faim plutôt que de les réprimer par crainte de ne pas perdre le poids pris pendant la grossesse.
Concernant les compléments alimentaires, la prudence reste de mise pour ceux contenant du soja ou de la réglisse, pour les mêmes raisons évoquées plus haut. Pour toute supplémentation en vitamines ou minéraux (fer, vitamine D, iode notamment), l’avis d’un médecin ou d’une sage-femme reste la meilleure option, car les besoins varient beaucoup selon l’alimentation habituelle, un éventuel végétarisme ou véganisme, ou des carences déjà identifiées avant la grossesse.
Une alimentation qui reste variée aide aussi à limiter l’exposition à certains perturbateurs endocriniens présents dans les plastiques mous ou les ustensiles de cuisson antiadhésifs : cuisiner avec des produits frais plutôt qu’avec des plats industriels ultratransformés reste une habitude utile à conserver au-delà de la période d’allaitement.
Questions fréquentes
Manger épicé peut-il changer le goût du lait maternel ?
Oui, certains arômes alimentaires passent dans le lait et en modifient légèrement le goût, sans que cela pose de problème pour la grande majorité des bébés. C’est même considéré comme un avantage, car cela habitue progressivement le nourrisson à une diversité de saveurs.
Peut-on boire un verre d’alcool occasionnellement en allaitant ?
L’alcool passe dans le lait maternel consommé par le bébé et peut réduire la production lactée, ce qui justifie d’éviter toute boisson alcoolisée pendant l’allaitement, y compris la bière malgré une idée reçue répandue sur ses vertus supposées pour la lactation.
Faut-il éviter tous les produits à base de soja ?
Par précaution, il est recommandé de limiter les aliments contenant du soja et d’éviter les compléments alimentaires en contenant, en raison des phytoestrogènes qu’ils renferment. La sauce soja peut en revanche être consommée occasionnellement, sa teneur en phytoestrogènes étant faible.
Le thon est-il totalement interdit pendant l’allaitement ?
Le thon fait partie des poissons prédateurs sauvages à limiter, sans être totalement interdit, contrairement aux grands prédateurs comme l’espadon, le marlin ou le requin, qui sont eux à éviter pendant cette période.
Sources
Sources consultées le 1 septembre 2026.
- www.ameli.fr/assure/sante/devenir-parent/grossesse/grossesse-en-bonne-sante/grossesse-alimentation/les-aliments-eviter-et-les-precautions-d-hygiene-pendant-la-grossesse
- eduscol.education.gouv.fr/5934/les-enjeux-de-l-education-l-alimentation-et-au-gout
- L'alimentation pendant l'allaitement, naitreetgrandir.com/fr/etape/0_12_mois/alimentation/naitre-grandir-alimentation-pendant-allaitement/
- solidarites-sante.gouv.fr/prevention-en-sante/alimentation-et-nutrition/allaitement
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